Prix de thèse 2012 – Médecine Générale

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La lauréate du prix de thèse 2012 est Katia MAZALOVIC pour ses travaux sur le thème « Le remplacement en Médecine Générale : Pourquoi un tel engouement pour ce mode d’exercice? »

 

La démographie médicale française actuelle crée un contexte particulièrement favorable à l’installation en cabinet de médecine générale. Pourtant, de nombreux médecins généralistes choisissent l’exercice de la médecine de remplacement. Pourquoi ?

Cette étude qualitative a été basée sur dix entretiens semi-directifs réalisés avec des médecins généralistes exerçant en Bourgogne, thésés depuis au moins trois années. L’échantillon comprenait neuf médecins remplaçants et un médecin installé depuis six mois.
L’échantillonnage a été raisonné de façon à être qualitativement représentatif.
Les entretiens ont fait l’objet d’une analyse thématique selon une méthode inductive assistée par informatique.



Les médecins interviewés avaient tous une bonne image de leur profession : un métier passionnant, résolument centré sur le patient et la relation médecin-patient…  Ils dénonçaient cependant certains points négatifs de l’exercice de la médecine générale : surcharge de travail, tâches non relatives aux soins sans cesse plus nombreuses… Ils estimaient que ce volume considérable de travail pouvait nuire à un bon équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle, ce qu’ils refusaient. L’exercice de la médecine de remplacement en soins primaires présentait pour eux plus d’avantages que d’inconvénients. Lorsqu’ils se projetaient dans l’avenir, les interviewés se rangeaient dans deux catégories. Si « les pragmatiques » attendaient pour s’installer un moment favorable avec des conditions idéales, les « inconditionnels du remplacement » n’avaient aucun projet d’installation et s’épanouissaient en tant que médecin remplaçant.



Cette étude a mis en évidence deux évolutions sociales principales chez ces remplaçants bourguignons. La première résidait en une modification de l’ethos professionnel des médecins interrogés qui prenaient de la distance par rapport à l’ethos « classique » et aux conditions actuelles d’exercice. La seconde évolution consistait en une mutation du processus de « devenir médecin », faisant écho au processus de « devenir adulte » et a été illustrée par l’existence d’un groupe « d’inconditionnels du remplacement ». Ces deux phénomènes sont la conséquence des changements du contexte socio-économique. Le développement du remplacement chronique en France apparaît donc comme l’un des révélateurs des défauts des conditions actuelles d’exercice de la médecine générale.