Cas de coqueluche (12.04.2017) – Ouest DIJON

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Message de l’ARS Bourgogne Franche-Comté

Plusieurs cas de coqueluche ont été signalés dans le secteur de Velars sur Ouche (principalement chez des enfants).

Dans votre patientèle, vous avez peut-être déjà reçu des enfants orientés par la santé scolaire ces 2 dernières semaines.

Aussi, nous vous recommandons d’être particulièrement vigilant devant une clinique évocatrice  (toux depuis plus de 8 jours avec apparition de quintes évocatrices et qui ne s’améliore pas; sujet asymptomatique en dehors des quintes) chez un de vos patients en particulier s’il a été en contact avec un cas confirmé.

Conduite à tenir devant un cas suspect : 

  • Vérification de la vaccination avec date du dernier rappel.
  • Examens laboratoire à prescrire : Demande de détection de PCR-TR  sur une aspiration nasopharyngée ou écouvillonnage (permet de déceler l’agent pathogène jusqu’à 3 semaines après le début de la toux)  + culture si toux < 15 jours.
  • La sérologie n’a plus sa place dans la stratégie diagnostique de la coqueluche en France et n’est plus remboursée.
  • La prescription d’une antibiothérapie diminuera sa période de contagiosité (il ne sera plus contagieux 3 à 5 j après TTT antibiotique) mais n’a pas d’effet démontré sur l’évolution de la maladie. Le traitement antibiotique est, en première intention, l’Azithromycine pendant 3j (avec éviction de 3 jours) ou la Clarithromycine pendant  7j (avec éviction de 5 jours). En cas d’intolérance, le Cotrimoxazole est recommandé.
  • Recommandation d’isolement du cas pendant toute la phase de contagiosité.
  • L’hospitalisation est recommandée pour les cas âgés de moins de 3 mois et selon la tolérance clinique à partir de l’âge de 3 mois.

Si le cas est confirmé, nous vous demandons de le signaler à l’ARS avec copie des résultats du laboratoire par mail à l’adresse suivante : ars-bfc-alerte@ars.sante.fr ou par fax au 03.81.65.58.65

Conduite à tenir pour l’entourage d’un cas confirmé :

  • Rechercher des tousseurs.Prescrire une antibioprophylaxie aux sujets asymptomatiques non protégés par la vaccination.
  • Pour les contacts proches :
  • Antibioprophylaxie à tous les enfants non ou mal vaccinés (ayant reçu moins de 2 ou 3 doses selon l’âge) ou ceux dont la dernière vaccination date de plus de 5 ans. Lors d’un contact avec une personne présentant un tableau clinique très évocateur de coqueluche, l’antibioprophylaxie peut être débutée dès lors que le prélèvement biologique du sujet index a été réalisé et en attente du résultat.
  • Antibioprophylaxie à tous les adultes non vaccinés ou dont la dernière vaccination contre la coqueluche remonte à plus de 5 ans.
  • Pour les contacts occasionnels :
  • Antibioprophylaxie uniquement des sujets à risque non protégés par la vaccination : nourrissons non ou incomplètement vaccinés, femmes enceintes, sujets atteints de maladies respiratoires chroniques (asthme, BPCO,…), immunodéprimés, entourage de nourrissons non encore vaccinés.

La prophylaxie n’a d’intérêt pour éviter les cas secondaires que si la période d’incubation n’est pas dépassée. Si le dernier contact potentiellement contaminant remonte à plus de 21 jours, la prophylaxie n’est plus nécessaire, le risque de développer la maladie à partir de cet épisode étant nul.

  • Mettre à jour les vaccinations de la population exposée, selon le calendrier vaccinal en vigueur (2016), pour les enfants et les adolescents comme pour les adultes. Il convient de préciser que la vaccination post exposition n’a aucune efficacité pour la prévention de la coqueluche chez une personne déjà contaminée. Cette vaccination de rattrapage a pour but de prévenir la maladie dans l’hypothèse de contamination ultérieure. En l’absence de vaccin coquelucheux non combiné, force est de recourir à un vaccin combiné. Si un enfant a reçu un vaccin dT Polio depuis moins de 5 ans, il est recommandé d’utiliser un vaccin combiné faiblement dosé en anatoxine diphtérique et de surveiller la tolérance (Repevax®, Boostrixtetra®). Chez l’adulte, il est recommandé de respecter un intervalle minimal de 1 mois avec un vaccin comportant les valences diphtérie et/ou tétanos.

Pour les personnes ayant déjà présenté une coqueluche depuis plus de 10 ans, une vaccination est considérée comme nécessaire. La coqueluche des premiers mois de la vie est considérée comme peu immunisante de sorte que ces nourrissons doivent être vaccinés selon le calendrier vaccinal en vigueur.

  • Informer la population exposée en demandant :
  • au patient ou aux parents d’un enfant malade d’informer de la maladie le plus rapidement possible leur entourage familial, social ou professionnel, afin que ces personnes consultent leur médecin traitant en cas d’apparition de toux dans les 21 jours qui suivent le dernier contact, reçoivent une antibiothérapie le cas échéant et mettent à jour les vaccinations selon le calendrier vaccinal ;
  • au patient de prévenir le plus rapidement possible sa médecine du travail, notamment s’il travaille dans un établissement de santé.

Lorsque des collectivités sont concernées, le médecin responsable (médecin scolaire, PMI, médecin du travail,…) contacte l’ARS afin d’évaluer la situation et les mesures à prendre au sein de la collectivité.

Nous restons à votre disposition pour toute information complémentaire.

Nous vous laissons si besoin prendre connaissance des textes de référence du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) :

  • Conduite à tenir devant un ou plusieurs cas de coqueluche (10.07.14)
  • Stratégie vaccinale contre la coqueluche chez l’adulte dans le cadre du cocooning et dans le cadre professionnel (20.02.14)

Cordialement,

Dr Marie BARBA-VASSEUR

Département alerte et crise

Tél.   03.80.41.97.33

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