cas groupés de coqueluche

Actualités > cas groupés de coqueluche

L’ARS a reçu récemment des signalements relatifs à deux épisodes de cas groupés de coqueluche sur les secteurs de Fontaine-lès-Dijon et Rouvres-en-Plaine.

Aussi, nous vous recommandons d’être particulièrement vigilant devant une clinique évocatrice  (toux depuis plus de 8 jours avec apparition de quintes évocatrices et qui ne s’améliore pas ; sujet asymptomatique en dehors des quintes) chez un de vos patients, en particulier s’il a été en contact avec un cas confirmé.

Conduite à tenir devant un cas suspect :  

    • Vérification des vaccinations contre la coqueluche au regard des recommandations vaccinales en vigueur et de la date du dernier rappel (la vaccination n’empêche pas à 100% la survenue d’une coqueluche).
    • Examens laboratoire à prescrire pour confirmer le diagnostic : demande de détection de PCR-TR  sur une aspiration nasopharyngée ou un écouvillonnage (permet de déceler l’agent pathogène jusqu’à 3 semaines après le début de la toux)  + culture si toux < 15 jours.
  • La sérologie n’a plus sa place dans la stratégie diagnostique de la coqueluche en France et n’est plus remboursée.
  • La prescription d’une antibiothérapie diminuera sa période de contagiosité (il ne sera plus contagieux 3 à 5 j après TTT antibiotique) mais n’a pas d’effet démontré sur l’évolution de la maladie. Le traitement antibiotique est, en première intention, l’Azithromycine pendant 3j (avec éviction de 3 jours) ou la Clarithromycine pendant  7j (avec éviction de 5 jours). En cas d’intolérance, le Cotrimoxazole est recommandé.

 

  • Recommandation d’isolement du cas pendant toute la phase de contagiosité.
  • L’hospitalisation est recommandée pour les cas âgés de moins de 3 mois et selon la tolérance clinique à partir de l’âge de 3 mois.

Si le cas est confirmé, nous vous demandons de le signaler à l’ARS avec copie des résultats du laboratoire par mail à l’adresse suivante : ars-bfc-alerte@ars.sante.fr ou par fax au 03.81.65.58.65

Conduite à tenir pour l’entourage d’un cas confirmé :

  • Rechercher des tousseurs
  • Prescrire une antibioprophylaxie aux sujets asymptomatiques non protégés par la vaccination (mêmes règles que traitement curatif).

 

  • Pour les contacts proches :
  • Antibioprophylaxie à tous les enfants non ou mal vaccinés (ayant reçu moins de 2 ou 3 doses selon l’âge) ou ceux dont la dernière vaccination date de plus de 5 ans. Lors d’un contact avec une personne présentant un tableau clinique très évocateur de coqueluche, l’antibioprophylaxie peut être débutée dès lors que le prélèvement biologique du sujet index a été réalisé et en attente du résultat.
  • Antibioprophylaxie à tous les adultes non vaccinés ou dont la dernière vaccination contre la coqueluche remonte à plus de 5 ans.
  • Pour les contacts occasionnels :
  • Antibioprophylaxie uniquement des sujets à risque non protégés par la vaccination : nourrissons non ou incomplètement vaccinés, femmes enceintes, sujets atteints de maladies respiratoires chroniques (asthme, BPCO,…), immunodéprimés, entourage de nourrissons non encore vaccinés.

La prophylaxie n’a d’intérêt pour éviter les cas secondaires que si la période d’incubation n’est pas dépassée. Si le dernier contact potentiellement contaminant remonte à plus de 21 jours, la prophylaxie n’est plus nécessaire, le risque de développer la maladie à partir de cet épisode étant nul.

  • Mettre à jour les vaccinations de la population exposée, selon le calendrier vaccinal en vigueur (2019), pour les enfants et les adolescents comme pour les adultes. En l’absence de vaccin coquelucheux non combiné, force est de recourir à un vaccin combiné. Si un enfant a reçu un vaccin dT Polio depuis moins de 5 ans, il est recommandé d’utiliser un vaccin combiné faiblement dosé en anatoxine diphtérique et de surveiller la tolérance (Repevax®, Boostrixtetra®). Chez l’adulte, il est recommandé de respecter un intervalle minimal de 1 mois avec un vaccin comportant les valences diphtérie et/ou tétanos. Pour les personnes âgées de plus de 25 ans n’ayant pas reçu le rappel, un rattrapage avec un vaccin dTcaPolio pourra être proposé jusqu’à l’âge de 39 ans révolus.
  • Informer la population exposée en demandant :

 

  • au patient ou aux parents d’un enfant malade d’informer de la maladie le plus rapidement possible leur entourage familial, social ou professionnel, afin que ces personnes consultent leur médecin traitant en cas d’apparition de toux dans les 21 jours qui suivent le dernier contact, reçoivent une antibiothérapie le cas échéant et mettent à jour les vaccinations selon le calendrier vaccinal ;
  • au patient de prévenir le plus rapidement possible sa médecine du travail, notamment s’il travaille dans un établissement de santé.

Lorsque des collectivités sont concernées, le médecin responsable (médecin scolaire, PMI, médecin du travail,…) contacte l’ARS afin d’évaluer la situation et les mesures à prendre au sein de la collectivité.

Vous pouvez si besoin prendre connaissance des textes de référence du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) :

 

 pour toute information complémentaire, contacter

 

Dr Marie Vasseur

Adjointe au chef du département Veille et Sécurité Sanitaire

_____________________________________________

==Agence Régionale de Santé (ARS) Bourgogne Franche-Comté

Le Diapason – 2 place des Savoirs 21035 DIJON Cedex

La City – 3 avenue Louise Michel 25044 BESANCON Cedex

Mail : ars-bfc-alerte@ars.sante.fr  ou PFR : 0 809 404 900.

Merci de répondre à tous les destinataires lors des échanges mails.